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  • CRS - SS ?

CRS 68

Tenue MO 1960-1968

Mai 68, une date qui restera longtemps dans les mémoires et qui s’associe directement aux Compagnies Républicaines de Sécurité. Le slogan CRS = SS tout le monde le connaît. Un slogan bien exagéré par des manifestants qui n'avaient sans doute jamais connus de régimes totalitaires.

ce qu’on retient avant tout dans les affrontements de mai 68, c’est l’absence d’un bain de sang dans les rues de Paris. Et cela parce que justement la France bénéficiait de forces de police composées de professionnels du maintient de l’ordre ; les CRS et les GM.

Il faut savoir qu’à Mexico, suite à la révolte des étudiants en juillet de la même année, pour des motifs assez proches de l’insurrection Parisienne, il y aura 48 morts, causés par les forces de l'ordre qui dissiperont la manifestation en ouvrant le feu dans la foule sur la place de Tlatelolco dans la nuit du 2 octobre 68.

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Paris, événements de mai-juin 1968. Affiches des Beaux-Arts, en mai 1968. © Roger-Viollet

Mai 68

Evénements de mai-juin 1968, Paris. Manifestants lançant des pavés, boulevard Saint-Michel (Vème-VIème arrondissements). © Roger-Viollet

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Evénements de mai-juin 1968. Forces de police cernant la Sorbonne. Paris. Vème arr. © Roger-Viollet

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Evénements de mai-juin 1968. Barricade, rue Saint-Jacques (Vème arrondissement). Paris. © Roger-Viollet

  • La nuit du 10 au 11 mai.

Le paroxysme des affrontements aura lieu dans la nuit du 10 au 11 mai 68, au quartier Latin.

Les journaux feront part de « violences policières », sans tenir compte des violences du côté des étudiants. D’ailleurs, la seule vraie victime de cette nuit là sera le Commandant de Police Journiac (voir l’encadré) de la CRS 5 qui sera très grièvement blessé.

 

Blessé au front par un pavé et provoquant un enfoncement de la boîte crânienne dans la nuit du 10 au 11 mai 1968, le Commandant Journiac de la CRS 5 gardera des séquelles irrémédiables. Un an plus tard, au volant de sa voiture, suite à un malaise imputé aux séquelles de sa blessure en service, il décèdera dans l’accident. Sa veuve recevant une pension minine car l’accident n’est pas considéré comme une suite de sa blessure de mai 68, elle lancera un appel au Préfet de Police Grimaud. Le Préfet interviendra à plusieurs reprises contre l’Administration pour obtenir réparation. Il n’obtiendra cette légitimité qu’auprès d’Henri Emmanuelli, alors secrétaire d’Etat au budget, soit 15 ans plus tard.
Les violences de part et d’autre ont été telles qu’on va jusque dans les commissariats s’assurer que la police ne cache pas des manifestants morts. Des tracts de propagandes circulent dans le quartier Latin pour lancer des rumeurs : « Mille blessés, 3 morts au gaz de combat ». Les journalistes avancent même des preuves qui incriminent les policiers. On raconte que des corps de manifestants ont été jetés dans la Seine. On traite le Préfet de Police Maurice Grimaud d’assassin. Pas moins. La tension entre les forces de l’ordre et les manifestants est au paroxysme.

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Evénements de mai-juin 1968, Paris. Manifestation boulevard Saint-Germain, 6 mai. RV-357418N © Roger-Viollet

Le 24 mai, des violences éclatent à nouveau. Il y a un début d’incendie à la Bourse, les pompiers sous une pluie de pavés, réussissent pourtant à maîtriser ce début de sinistre. Les émeutiers sont des jeunes parfaitement encadrés et organisés. Le commissariat du Ve est attaqué et les policiers bloqués dans le commissariat risquent de brûler vifs. Ordre est donné d’envoyer des renforts. Ceci évitera aux policiers du Vème de brûler vif ou de sortir armes à la main devant une foule déchaînée. Dans le Quartier Latin, Les émeutiers arrosent avec des pompes à essence des CRS, des coktails molotov sont lancés. Les affrontements atteignent un degré de violence rare. Les CRS ne comptent plus leurs bléssés.

 

Pourtant, le déchaînement médiatique s'acharnera sur les forces de l'ordre. Il y aura même "les Etats Généraux du Cinéma" qui jureront qu'ils ont été les témoins de sévices corporels faites sur les personnes interpellées. Pourtant, ils ne pourront jamais prouver ces accusations et les enquêtes menées démontreront qu'il s'agissait pour la plupart du temps d'affabulations.

 

CRS

Tenue Mo 1969-1975, le casque est équipé d'une visière et de bandes jaunes qui devient le signe distinctif des CRS.

  • Un équipement désuet.

Equipés de leur blouson modèle 46 et cravate, d'un bouclier opaque qui ne permet pas de voir ce qu'il se passe lorsqu'on se protège, les CRS n'ont pas toujours la protection qu'il faudrait. Ils auront la tenue de maintient de l'ordre qu'en 1976.

Dans le sac en toile beige qu'ils portent en bandoulière se touve le masque à gaz. En 68, les Gardiens de la Paix des CRS n'ont pas de visière de protection en cas de jet de produits chimiques, mais simplement des lunettes de gaz.

L'armement individuel se compose d'une matraque noire en caoutchouc et du pistolet MAC 50. En armement collectif, on trouve le fusil K98 (saisi à l'armée Allemande de la seconde guerre mondiale), ou le fusil américain US 17 ; tous deux modifiés en lance grenade lacrymogène.

  • Les bandes jaunes

Accusés de violences policières, Les Compagnies Républicaines de Sécurité adopteront dés lors les fameuses bandes jaunes sur leur casque afin qu'elles se distinguent des autres forces de l'ordre et ne plus être accusées à tort.

Casque CRS

Casque CRS 1969

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